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Le drame ukrainien pèse sur le 80e anniversaire du Débarquement en Normandie
information fournie par Reuters 06/06/2024 à 03:00

par Elizabeth Pineau

Derniers vétérans et dirigeants du monde entier se retrouvent ce jeudi en Normandie pour marquer le 80e anniversaire du Débarquement du 6 juin 1944 qui vit surgir plus de 150.000 soldats alliés dans la France occupée par l'Allemagne nazie.

Les cérémonies marquant ce tournant majeur de la Seconde Guerre mondiale sont empreintes d'une gravité nouvelle à l'heure où la guerre fait rage en Ukraine, aux portes de l'Union européenne.

Cet anniversaire survient aussi au coeur d'une année marquée par d'importantes élections, au Parlement européen cette semaine et aux États-Unis en novembre notamment, ce qui incite certains dirigeants à faire référence au conflit de 1939-45 pour mettre en garde contre les dangers de l'isolationnisme et de l'extrême droite.

"La démocratie est littéralement sur le bulletin de vote cette année", a déclaré le président américain Joe Biden avant de partir pour la France - où il est arrivé mercredi matin -, rappelant que les sacrifices consentis lors du "D Day" ne devaient pas être vains.

Il s'agira probablement de la dernière grande cérémonie en Normandie en présence des anciens combattants témoins de cette époque, aujourd'hui âgés d'environ 100 ans.

Quelque 200 vétérans, américains et britanniques pour la plupart, participent aux cérémonies organisées dans les cimetières, devant les monuments et sur des plages qui portent encore les cicatrices des combats du "jour le plus long" qui vit mourir des milliers de soldats alliés.

L'Américain Bob Gibson, 101 ans, qui fit partie de la deuxième vague de soldats à débarquer sur la plage normande rebaptisée "Utah Beach", est arrivé lundi en Normandie.

"C'est comme si c'était arrivé hier. Vous ne croiriez pas ce que j'ai vu. Terrible. Certains jeunes n'ont jamais atteint la grande plage (...) Parfois, cela vous réveille la nuit", a-t-il déclaré à Reuters sur le tarmac de l'aéroport de Deauville peu après l'atterrissage du vol spécial en provenance d'Atlanta.

LA RUSSIE PAS INVITÉE

Joe Biden, le président ukrainien Volodimir Zelensky, le roi Charles de Grande-Bretagne et son fils William, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz, le Premier ministre canadien Justin Trudeau et bien d'autres prendront part à cette journée d'hommages, qui débutera dans la matinée par une cérémonie britannique à Ver-sur-Mer.

La Russie, qui a envahi l'Ukraine en 2022, déclenchant le plus grand conflit armé d'Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, n'a pas été invitée.

"Le président Zelensky y participera (...) compte tenu de la résonance historique du Débarquement avec le juste combat que mène aujourd'hui la nation ukrainienne", a indiqué une source de la présidence française.

Quant à la Russie, "les conditions de sa participation ne sont pas réunies, compte tenu de la guerre d'agression qu'elle a déclenchée en 2022".

Il y a dix ans, le président russe Vladimir Poutine a participé aux cérémonies du 70e anniversaire en Normandie.

Avec les dirigeants de la France, de l'Allemagne et de l'Ukraine, le maître du Kremlin avait lancé le désormais obsolète "Format Normandie", groupe de contact visant à résoudre le conflit russo-ukrainien qui se concentrait alors sur les régions du Donbass et de Crimée.

Dix ans plus tard, il n'y a plus de rencontres diplomatiques de haut niveau entre ces quatre pays.

La guerre, qui fait aussi rage au Moyen-Orient et en d'autres coins du monde, est le fil rouge des discours prononcés en Normandie et omniprésente dans l'esprit des visiteurs, nombreux dans la région à l'occasion du 80e anniversaire.

"C'est beaucoup d'émotion de voir ces jeunes hommes sous terre", a dit à Reuters la Normande Brigitte Perdrix, 66 ans, dans les allées du cimetière américain de Colleville-sur-Mer. "Un hommage pour eux serait que les atrocités, les guerres actuelles s'arrêtent. Ce serait une rose déposée sur chaque tombe."

(Reportage Elizabeth Pineau, édité par Blandine Hénault)

1 commentaire

  • 06 juin 08:35

    C'est ni plus ni moins qu'un camouflet envers les 27 millions de soldats Russes mort en 1945 .
    Les américains eux ont perdu +/- 150 000 hommes ....!
    Tôt ou tard, certains nous présenteront la facture et je ne suis pas certain que nous ne nous n'étouffions pas dans notre morgue sectaire et raciste .


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